Blog Tech 2026

Définitions

Une sélection de mots et de concepts

30 juillet 2026

Enthymème

Un enthymème est un raisonnement rhétorique dans lequel une prémisse, et parfois la conclusion, reste implicite. Le lecteur ou l’auditeur la reconstitue à partir de ce qui est dit, de ses connaissances et du contexte partagé.

Dans la tradition issue d’Aristote, l’enthymème est une forme de preuve adaptée au discours public. Son efficacité dépend de la proximité entre les éléments exprimés et l’idée que l’auditeur doit en tirer. Une prémisse trop éloignée rend le raisonnement difficile à suivre ; une prémisse trop évidente peut rester sous-entendue.

Voir Aristote, Rhétorique, livre II, chapitre 22.

Inférence de liaison

Une inférence de liaison est une opération de compréhension par laquelle le lecteur relie deux informations d’un texte afin d’en reconstruire la cohérence. Elle peut établir, par exemple, une relation de cause, de conséquence, de référence ou de continuité entre deux phrases.

Elle se distingue d’une inférence élaborative : l’inférence de liaison permet de comprendre le rapport entre des éléments déjà présents dans le texte ; l’inférence élaborative ajoute une interprétation à partir des connaissances du lecteur.

Voir Singer et Remillard, sur les inférences de liaison et élaboratives.

17 juillet 2026

Conatus

Le conatus est un mot latin qui signifie « effort », « tendance », « élan » ou « tentative ». Il désigne l’idée d’un mouvement ou d’une force qui pousse un être à persévérer dans son existence.

Pour Spinoza, le conatus désigne l’effort par lequel chaque chose s’efforce de persévérer dans son être. Chez l’humain, le conatus se manifeste notamment au niveau de l’esprit, par le désir de comprendre, d’agir et d’augmenter sa capacité d’exister.

Spinoza n’a pas inventé le mot conatus, mais il lui a donné une place centrale et un sens philosophique très précis. Le terme était déjà employé dans la philosophie antique et médiévale, puis par plusieurs philosophes modernes avant Spinoza.

Entendu sur l'épisode Magellan ou la revanche (comme moteur) (18:20) du Podcast Grands Leaders, les leçons de l’Histoire

Metacognition

La métacognition désigne la capacité à réfléchir sur ses propres processus mentaux. Elle consiste à prendre conscience de sa manière de penser, d’apprendre, de raisonner ou de résoudre un problème afin de mieux les comprendre et les réguler.

En psychologie cognitive, la métacognition regroupe deux dimensions principales : la connaissance que l’on a de son propre fonctionnement cognitif (ses forces, ses limites, les stratégies que l’on peut utiliser) et la capacité à planifier, surveiller et ajuster ces stratégies au cours d’une tâche.

Le terme métacognition a été introduit dans les années 1970 par le psychologue américain John H. Flavell. Depuis, il est devenu un concept central en psychologie cognitive et en sciences de l’éducation, où il est considéré comme un levier essentiel pour favoriser l’apprentissage, l’autonomie et la résolution de problèmes.

Conscience réflexive

La conscience réflexive est la capacité de la conscience à se prendre elle-même pour objet. Elle désigne le fait de pouvoir porter son attention sur sa propre existence, ses pensées, ses émotions ou ses expériences, plutôt que d’être uniquement tourné vers le monde extérieur.

La conscience réflexive peut se manifester par une prise de conscience existentielle, c’est-à-dire un moment où l’on ne se contente plus de vivre une expérience, mais où l’on prend soudainement conscience que l’on est en train d’exister. Cette expérience s’accompagne parfois d’une intensification de la présence à soi : le sentiment d’être pleinement présent à soi-même, de se ressentir « de l’intérieur » et d’éprouver avec une particulière intensité le fait d’être vivant.

La notion de conscience réflexive occupe une place importante en philosophie, notamment dans la phénoménologie et la philosophie de la conscience. Elle est étroitement liée à la subjectivité, qui désigne le point de vue propre à chaque individu, ainsi qu’à la conscience phénoménale, qui renvoie à la dimension vécue et qualitative de l’expérience consciente, c’est-à-dire à ce que cela fait de percevoir, de ressentir ou simplement d’exister.